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PISA 2025 compare les compétences des élèves de 15 ans dans plus de 90 pays.

PISA 2025 : ce que les résultats révèlent du système éducatif grec

Les résultats de l’enquête PISA 2025 placent une nouvelle fois les élèves grecs nettement sous la moyenne des pays de l’OCDE. Mais le plus préoccupant n’est peut-être pas le rang occupé par la Grèce : c’est la proportion considérable d’adolescents qui ne maîtrise pas suffisamment les compétences fondamentales en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences. Pour la première fois, l’enquête comporte aussi une évaluation de l’anglais langue étrangère. Ses résultats seront publiés en 2027.

Résumé rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle.

Τα αποτελέσματα της έρευνας PISA 2025 κατατάσσουν για ακόμη μία φορά τους Έλληνες μαθητές αισθητά χαμηλότερα από τον μέσο όρο των χωρών του ΟΟΣΑ. Ωστόσο, το πιο ανησυχητικό στοιχείο δεν είναι ίσως η θέση της Ελλάδας στην κατάταξη, αλλά το ιδιαίτερα υψηλό ποσοστό εφήβων που δεν κατέχει επαρκώς τις βασικές δεξιότητες στην κατανόηση γραπτού λόγου, στα μαθηματικά και στις φυσικές επιστήμες. Για πρώτη φορά, η έρευνα περιλαμβάνει επίσης αξιολόγηση της αγγλικής ως ξένης γλώσσας. Τα αποτελέσματά της θα δημοσιευθούν το 2027.

Σύνοψη συντεταγμένη με τη βοήθεια τεχνητής νοημοσύνης.

PISA 2025 : un diagnostic sans pincettes

L’OCDE a publié, le 8 septembre 2026, les premiers résultats de l’enquête PISA 2025. Plus de 760 000 élèves de 15 ans, représentant environ 33 millions de jeunes dans 91 pays et économies, ont participé à cette nouvelle édition.

Les sciences constituaient cette fois le domaine principal. La compréhension de l’écrit et les mathématiques ont également été évaluées, ainsi qu’une nouvelle compétence intitulée « résolution informatique de problèmes ». Celle-ci porte notamment sur la capacité des élèves à élaborer une stratégie, à utiliser des outils numériques et à résoudre un problème dans un environnement informatique.

Les données recueillies en Grèce ont satisfait aux normes de qualité fixées par PISA et peuvent donc être comparées à celles des autres pays participants.

La Grèce nettement sous la moyenne de l’OCDE

Dans les quatre domaines dont les résultats viennent d’être publiés, les élèves grecs obtiennent des scores sensiblement inférieurs aux moyennes de l’OCDE.

Domaine évalué Grèce Moyenne OCDE Écart
Sciences 434 482 - 48
Mathématiques 424 463 - 39
Compréhension de l’écrit 423 461 - 38
Résolution informatique de problèmes 461 500 - 39

Ces moyennes indiquent que la Grèce demeure en difficulté dans l’ensemble des domaines évalués. Elles ne constituent cependant que la partie la plus visible des résultats. Pour comprendre l’état du système éducatif, il faut surtout examiner la répartition des élèves entre les différents niveaux de compétence.

Presque un élève sur deux sous le niveau minimal

Dans PISA, le niveau 2 est généralement considéré comme le seuil à partir duquel un élève commence à pouvoir utiliser ses connaissances de manière autonome dans des situations relativement simples.

Or, en Grèce :

  • 50 % des élèves n’atteignent pas ce niveau en mathématiques, contre 35 % en moyenne dans l’OCDE ;
  • 44 % ne l’atteignent pas en compréhension de l’écrit, contre 31 % dans l’OCDE ;
  • 41 % restent sous ce seuil en sciences, contre environ 26 % dans l’OCDE.

Cela signifie qu’à 15 ans, près d’un élève grec sur deux éprouve des difficultés à mobiliser les savoirs scolaires fondamentaux pour comprendre une situation, interpréter des informations ou résoudre un problème.

À l’autre extrémité de l’échelle, les élèves très performants sont peu nombreux. En mathématiques, environ 2 % des élèves grecs atteignent les niveaux 5 ou 6, contre 8 % dans l’OCDE. En compréhension de l’écrit, ils ne sont qu’environ 1 %, contre 6 % dans l’OCDE. En sciences, leur proportion est de l’ordre de 1,4 %, contre un peu plus de 7 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Le système éducatif grec est donc confronté à un double problème : il laisse une très forte proportion d’élèves sous le seuil de compétence attendu et conduit relativement peu d’entre eux vers les niveaux les plus élevés.

Une dégradation qui ne commence pas avec la pandémie

Par rapport à l’enquête PISA 2022, le score grec diminue de 7 points en sciences, de 6 points en mathématiques et de 16 points en compréhension de l’écrit.

Les variations observées en sciences et en mathématiques ne sont pas statistiquement significatives. On ne peut donc pas affirmer avec certitude qu’elles traduisent une nouvelle baisse réelle des compétences plutôt qu’une fluctuation liée à l’échantillonnage. Le recul en compréhension de l’écrit est en revanche beaucoup plus marqué.

La tendance de plus longue durée est particulièrement préoccupante. Entre 2015 et 2025, la proportion d’élèves grecs situés sous le niveau 2 a augmenté de :

  • 14 points de pourcentage en mathématiques ;
  • 17 points en compréhension de l’écrit ;
  • 8 points en sciences.

Les performances de 2025 en mathématiques et en sciences restent inférieures à celles de 2018 et à celles enregistrées lors des éditions antérieures. La pandémie de Covid-19 a probablement aggravé les difficultés, mais elle ne suffit pas à expliquer une dégradation qui s’inscrit dans une période beaucoup plus longue.

Il faut également rappeler que la baisse n’est pas exclusivement grecque. Les moyennes de l’OCDE ont elles-mêmes atteint en 2025 leur niveau le plus bas depuis la création de PISA.

Cette dégradation internationale ne constitue toutefois pas une amélioration relative du système grec : celui-ci demeure nettement sous la moyenne dans tous les domaines.

La compréhension de l’écrit au cœur du problème

Le score obtenu en compréhension de l’écrit mérite une attention particulière. PISA ne mesure pas principalement la connaissance de la grammaire ou de la littérature. L’évaluation porte sur la capacité à construire le sens d’un texte, à retrouver et à combiner des informations, à confronter plusieurs sources, à distinguer un fait d’une opinion et à apprécier la fiabilité d’un document.

Ces compétences ne concernent pas seulement les cours de langue. Elles conditionnent les apprentissages dans toutes les disciplines. Un élève qui comprend mal une consigne, ne parvient pas à relier plusieurs informations ou lit trop rapidement un document sera également pénalisé en mathématiques, en sciences, en histoire et dans les activités numériques.

L’écart entre filles et garçons constitue l’une des caractéristiques les plus frappantes des résultats grecs. En compréhension de l’écrit, les garçons obtiennent environ 46 points de moins que les filles, alors que l’écart moyen est de l’ordre de 30 points dans les pays de l’OCDE. Cette différence considérable devrait faire l’objet d’analyses approfondies et de mesures pédagogiques ciblées.

Plus largement, les résultats internationaux montrent une progression des formes de lecture rapides et superficielles, au détriment d’une lecture attentive et prolongée. Le phénomène accompagne le recul de la lecture de livres et la multiplication des pratiques numériques fragmentées. Il convient néanmoins de rester prudent :

PISA met en évidence des associations statistiques, mais ne démontre pas que les écrans ou les outils numériques constituent à eux seuls la cause de la baisse.

PISA évalue-t-il l’apprentissage des langues ?

La rubrique « compréhension de l’écrit » ne doit pas être confondue avec une évaluation de l’apprentissage des langues étrangères. Dans les épreuves ordinaires de PISA, les élèves répondent généralement dans la langue de scolarisation. En Grèce, l’évaluation de la lecture porte donc essentiellement sur la compréhension de textes en grec.

Ces résultats intéressent néanmoins directement les didacticiens des langues. Comprendre un texte, sélectionner des informations, construire des inférences, rapprocher plusieurs documents et évaluer leur crédibilité sont des compétences transversales qui interviennent aussi dans l’apprentissage et l’utilisation d’une langue étrangère.

Les difficultés observées en grec peuvent donc se répercuter sur les autres apprentissages linguistiques. Un élève qui ne maîtrise pas les stratégies générales de compréhension ne les transfère pas spontanément lorsqu’il lit dans une langue étrangère.

Une première évaluation de l’anglais langue étrangère

PISA 2025 comporte, pour la première fois, une évaluation internationale facultative des compétences communicatives en anglais langue étrangère. Elle était proposée aux pays dans lesquels l’anglais n’est pas la langue principale d’enseignement.

La Grèce a participé à cette évaluation. Il faudra cependant patienter avant d’en connaître les résultats : l’OCDE prévoit leur publication en 2027.

Cette future publication sera particulièrement intéressante. Elle permettra de comparer les compétences effectives des jeunes Grecs en anglais avec celles d’élèves appartenant à d’autres systèmes éducatifs. Elle apportera aussi des éléments nouveaux sur les relations entre apprentissages scolaires, cours privés, certifications linguistiques et capacité réelle à communiquer.

Aucune évaluation internationale comparable du français langue étrangère n’est prévue dans ce cycle. PISA 2025 ne permettra donc pas de mesurer directement les compétences des élèves grecs en français ni de comparer l’efficacité de l’enseignement des différentes langues étrangères.

Ce que PISA ne permet pas d’affirmer

Les résultats sont sévères, mais ils doivent être interprétés avec précaution.

PISA ne mesure pas tout ce qu’une école transmet. L’enquête n’évalue ni l’ensemble des connaissances disciplinaires, ni la créativité sous toutes ses formes, ni la culture historique et artistique, ni les qualités relationnelles, civiques ou morales des élèves.

Elle ne permet pas non plus de désigner automatiquement les causes des difficultés constatées. Les résultats peuvent être associés à de nombreux facteurs : organisation des programmes, formation des enseignants, pratiques pédagogiques, inégalités sociales, environnement familial, fréquentation des cours privés, rapport des élèves à la lecture, climat scolaire ou modalités d’évaluation.

Enfin, une corrélation ne constitue pas une preuve de causalité. Si les utilisateurs intensifs d’écrans ou d’outils d’intelligence artificielle obtiennent de moins bons résultats, cela ne prouve pas nécessairement que ces outils sont à l’origine de leurs difficultés. Les élèves déjà en difficulté peuvent également les utiliser différemment ou plus fréquemment.

Au-delà du classement, une question de finalité

La réaction la moins utile consisterait à transformer PISA en championnat international et à s’interroger uniquement sur la place occupée par la Grèce. Les différences de quelques rangs sont souvent fragiles et parfois dépourvues de signification statistique.

L’enseignement principal de PISA 2025 est ailleurs :

une proportion considérable des adolescents grecs ne maîtrise pas suffisamment les outils intellectuels nécessaires pour comprendre un texte, interpréter des données, évaluer une information et mobiliser ses connaissances dans une situation nouvelle.

Cette situation invite à interroger un système encore fortement orienté vers la restitution des contenus, la préparation des examens et l’accumulation de connaissances. Il ne s’agit pas d’opposer les connaissances aux compétences : on ne raisonne pas sans connaissances. Mais mémoriser un contenu ne garantit pas que l’on saura l’utiliser, le transférer, le mettre en relation avec d’autres informations ou en apprécier la validité.

PISA ne dit pas tout de l’école grecque et ne permet pas d’en désigner mécaniquement les responsables. Mais l’enquête fait apparaître un problème que l’on ne peut plus réduire à un mauvais classement : après de nombreuses années de scolarisation, près de la moitié des élèves ne dispose pas encore d’une maîtrise suffisante des compétences fondamentales.

La publication, en 2027, des résultats de l’évaluation de l’anglais langue étrangère apportera une nouvelle pièce au diagnostic. Elle méritera d’être examinée avec la même prudence, mais aussi avec la même attention.

En attendant, « haut les cœurs ! »


Professionnel de l’enseignement supérieur et de la recherche depuis plus de trente-cinq ans, ancré en linguistique et en didactique des langues, avec une spécialisation en …